vendredi 9 juillet 2010

La nausée !

Les mots me manquent...

Cette affaire Bettencourt-Woerth-Mediapart contient tous les abus, toutes les dérives et tous les dangers que j'essaie modestement de relever dans ce blog.
Le sensationnalisme, le mensonge, l'info-spectacle, le journalisme mercantile, l'acharnement politique, tout y est.
Les super-témoins bien informés (et bien rémunérés) à qui on fait dire n'importe quoi (sans rique puisqu'on ne dévoile pas ses sources), les détails insignifiants qu'on interprète à outrance et toujours à charge, les sous entendus destructeurs, tout cela me rappelle l'affaire Baudis dans laquelle la presse a montré sa dangerosité et perdu son honneur.

Aujourd'hui, un témoin (employée licenciée) revient sur ses propos mais qu'importe ! On continue ! On ne va quand même pas laisser tarir un filon si rentable. Car Mediapart doit être rentable, désormais devenu payant, le site espère ainsi augmenter le nombre de ses abonnés. Le business c'est le business !
La nausée !

lundi 28 juin 2010

La délation : nourriture privilégiée du journaliste

Aujourd'hui, c'est au tour d'Eric Woerth !

Le personnage est assez lisse, assez discret pour un politique de haut niveau, et surtout, il est compétent ! C'est pas moi qui le dit, c'est ce que je lis un peu partout et ce serait même pour ça qu'on lui aurait confié, à lui, le délicat dossier des retraites.

Donc, politique, discret, compétent, toutes les conditions sont réunies pour déclencher la curée.

Que lui reproche t-on en fait ? Rien de concret pour l'instant sauf que sa situation de ministre serait incompatible avec le métier de sa femme car ce serait de nature à favoriser des conflits d'intérêts.

Réalité ? Fantasme ? Légèreté ? Maladresse ? Faute ? Les français, et la justice même s'il le faut, apprécieront.

Je me demande quant à moi pourquoi personne ne parait s'intéresser à ce triste individu qu'on nous a présenté comme un "proche" de Mme Béttencourt, pendant de nombreuses années, et qui passait son temps à enregistrer scrupuleusement les conversations téléphoniques de sa patronne.

Je me demande comment des journalistes se sont procurés ces enregistrements frauduleux et surtout combien ils les ont payés.

Je me demande d'ailleurs si le sinistre individu en question n'agissait pas, dès le début, sur commande d'un quelconque journaliste. Les "infiltrés" sont à la mode aujourd'hui…

Je me demande enfin comment nos grands journalo-moralistes, si prompts à pourfendre la délation et les délateurs, peuvent justifier des pratiques aussi nauséabondes et si contraires à un code de déontologie qu'ils invoquent souvent mais qu'ils n'ont toujours pas.


Au cours de ces derniers jours, les pitoyables pitreries de nos joueurs de ballon ont été présentées comme révélatrices de l'image de notre société. Les révélations continuent, aujourd'hui, c'est la presse qui nous montre l'image de notre société.

lundi 3 mai 2010

La presse, 4ème pouvoir ?

On qualifie habituellement la presse de "4ème pouvoir".

Ou peut-être faudrait-il dire plutôt que la presse SE qualifie de 4ème pouvoir.
Je trouve cette idée insupportable et je voudrais dire pourquoi.

Les 3 autres pouvoirs, le législatif, l'exécutif et le judiciaire dont la séparation est un des garants de la démocratie ont tous un fondement qui leur confère la légitimité : le peuple.
L'assemblée nationale est élue par le peuple, l'exécutif est désigné par le Président de la république, lui-même désigné par le peuple, le judiciaire dont l'indépendance est garantie par son statut est nommé par l'exécutif dans le cadre administratif.

Et la presse ?
D'où tient-elle sa légitimité ?
Des lecteurs, de la pub, de l'argent ?

Si les élus peuvent voir leur pouvoir remis en cause à chaque échéance électorale, qui peut retirer le pouvoir à la presse ?
Si les 3 pouvoirs sont tenus d'inscrire leur action dans le cadre strict des règles constitutionnelles dans quelle règles la presse est-elle tenue d'agir ?

Les journalistes, quant à eux, invoqueront à coup sûr leur code de déontologie.
A ceci près que ce code n'existe pas ! Rien de formalisé n'existe en la matière et leurs fameuses règles ne sont que celles qu'ils se donnent au gré de leurs besoins ou de leur intérêt du moment.

Alors, quel 4ème pouvoir ?
Si, un jour, ce pouvoir est donné à la presse c'est que le peuple le lui aura donné.
Et quand on sait que plus 60% des français pensent que les journalistes ne sont pas indépendants du pouvoir politique ni du pouvoir de l'argent, il y a fort à parier que le peuple ne sera pas disposé tout de suite à confier à la presse ce 4ème pouvoir.

lundi 26 avril 2010

Lynchage médiatique.

Haïti oublié, la grève SNCF essoufflée, le volcan islandais calmé, il fallait bien que les mouches médiatiques se trouvent une autre proie.

Elles l'ont trouvée. C'est Franck Ribéry.

Toute la presse charognarde unanime se jette sur ce pauvre gamin avec le secret espoir de le briser, au figuré ou, pourquoi pas, au propre, ce qui permettrait de faire de longs et pathétiques commentaires.

Pourquoi finalement ?

Allons messieurs les journalistes, encore un petit effort et vous allez y arriver. Tous les espoirs vous sont permis, pensez à Roger Salengro.

vendredi 23 avril 2010

France 2 gracie Guillaume Seznec.



Intéressante soirée proposée par France 2 ce 20 avril sur une idée originale de Robert Hossein, la reconstitution du procès Seznec.
Intéressante soirée en vérité qui aura eu le mérite d'éclairer un peu plus les téléspectateurs sur cette mystérieuse affaire qui depuis presque un siècle ne cesse de nourrir la chronique.
Intéressante soirée aussi qui nous a offert en vrai direct une véritable pièce de théâtre, adroitement mise en scène et interprétée par des acteurs de talent.

Mais au-delà de ça, quel véritable apport à la vérité, à la justice et à l'histoire ?

Dès le sous-titre de la pièce, "un procès impitoyable" on sent déjà un parti pris en faveur de Guillaume Seznec qui est déjà présenté comme victime de l'extrême rigueur des juges. Puis dans les propos introductifs de Robert Hossein, dans les termes utilisés, on devine encore que la conviction de l'auteur penche en faveur de l'innocence. Enfin, dans le choix et dans le jeu des acteurs les choses vont dans le même sens. D'un côté des personnages, juges ou témoins, antipathiques, arrogants, suffisants et déterminés, de l'autre, un accusé pathétique de sincérité, des témoins touchants et surtout un avocat besogneux, sincère certes mais sans charisme et sans capacité à convaincre.

Que croyez-vous qu'il advint au bout d'une heure et demie de théâtre ? Un public et des téléspectateurs bien sûr quasi unanimes à plus de 90% pour l'innocence de Seznec.

Mais quelle signification donner à cela ? Les millions de téléspectateurs d'aujourd'hui ont-ils une plus grande aptitude à cerner la vérité au bout de 90 minutes de théâtre que les jurés de 1924 au bout de neuf jours de procès ? Certes la police a mal fait son travail à l'époque et l'instruction, c'est vrai, a été menée essentiellement à charge, un deuxième procès en appel aurait, de ce fait, été le bienvenu si la loi l'avait permis alors. Pour autant, je me souviens avoir été frappé, dans des lectures anciennes traitant de l'affaire, par la lourdeur des charges pesant sur Seznec. La défense soutenait alors que Pierre Quémeneur n'était pas mort et qu'il finirait par réapparaître un jour. Force est de constater que l'argument a aujourd'hui beaucoup perdu de sa pertinence.

Quoiqu'il en soit, Seznec a été condamné sur un faisceau de présomptions et le corps de la victime n'a jamais été retrouvé. Que conclurait aujourd'hui une cours d'assise ? Je l'ignore mais j'observe que la justice n'a jamais jugé utile jusqu'à maintenant de rouvrir le dossier malgré les actions opiniâtres et dignes des descendants de l'accusé. Pour ma part, j'admettrai avec modestie que la cour de révision et les jurés de l'époque ont disposé d'un volume d'informations sans commune mesure avec ce qui peut ressortir d'une émission de télé.

Sans douter de la sincérité de quiconque, il restera de cette soirée de France 2 que plus de 90% de français incomplètement informés douteront un peu plus de notre justice et de sa capacité à se remettre en cause, elle, qui après l'affaire d'Outreau n'avait pas besoin de ça,

lundi 19 avril 2010

Liberté de la presse, liberté d'expression, liberté de pensée…



A l'occasion de ce qu'il convient d'appeler "l'affaire ZEMMOUR", des commentaires de toutes sortes ont agité les médias et la blogosphère. La plupart étaient indignés, révoltés ou carrément violents reprochant au journaliste de tenir des propos inadmissibles.

"Inadmissibles et choquants", c'est très souvent, en effet, que ces termes sont utilisés par les journalistes sourcilleux de "bien-pensance". Mais, "inadmissibles et choquants", pourquoi ? Ils le seraient à la vérité dès lors qu'ils contiendraient des affirmations calomnieuses, erronées ou mensongères de nature à forcer le jugement de l'opinion. Dans ce cas, ne suffirait-il pas de rétablir la vérité. C'est rarement le cas. La plupart du temps en effet, la réaction se limite à une critique psychanalytique et ampoulée de la pensée de l'auteur, de ses convictions, de ses sous-entendus ou de ses arrières pensées supposées. Le vrai rôle de la presse, elle si prompte à enquêter sur le loyer de l'appartement de celui-ci ou sur la marque de la montre de celui-là, serait plutôt de vérifier le bien fondé de certains propos ou de démontrer leur inexactitude. Au lieu de ça, elle contribue à propager et à amplifier des prises de position ou des avis qui, pour être sans doute sincères, n'en sont pas moins que des convictions ou des points de vue personnels.

Ce positionnement systématique de la presse tient de ce qu'elle est la première cause, ou la première victime, de la pensée unique bien pensante.

Elle en est la première cause parce qu'à force de vouloir coller à son public, pour lui plaire et donc pour vendre, elle diffuse une information stéréotypée souvent calibrée au moyen de ces sondages-express de toutes sortes que les radios, les télés, le web et les journaux réalisent à tous moments pour connaître l'opinion de leurs lecteurs ou de leurs auditeurs.

Elle en est aussi la première victime parce que, ce faisant, elle perd tout esprit critique, toute capacité d'analyse et toute propension à rétablir la vérité.

Les grands éditorialistes qui se plaisent régulièrement à gloser sur les atteintes portées à la liberté de la presse devraient s'aviser que c'est eux-mêmes qui, avant tout, portent atteinte à cette liberté.
- La presse n'est pas libre en effet lorsqu'elle s'interdit de diffuser certaines statistiques au motif qu'elles pourraient être mal interprétées, être facteurs de troubles ou nuire à la cohésion sociale… ou bien, qu'elles ne vont pas dans le bon sens.
- La presse n'est pas libre lorsque tous les médias traitent de manière uniforme les mêmes informations, utilisant les mêmes recettes et faisant appel aux mêmes intervenants.
- La presse n'est pas libre, enfin, quand elle se rend esclave du coup médiatique, de la petite phrase, du scandale même au besoin pour exister un moment l'espace d'un "zapping".

Que penser des liens et des connivences qui peuvent exister entre la liberté de la presse et la liberté d'expression ? Laquelle vit de l'autre ? Laquelle conditionne l'autre ?

La presse d'information a, aujourd'hui, cessé d'êtres plurielle.
- Et d'abord dans la forme. Il suffit pour s'en convaincre de constater que, dans les plages d'info, toutes les radios ont les mêmes séquences, les mêmes choix de sujets, les mêmes appels aux auditeurs, les mêmes "humoristes" attitrés. Les magazines se disputent les mêmes couvertures alléchantes et provocantes pour, en fin de compte, traiter les mêmes thèmes. A la télé, enfin, où il est connu que les rédacteurs d'un JT regardent le journal de la chaîne d'à côté pour s'assurer qu'ils ne passent pas à côté d'un scoop.
- Mais aussi et surtout dans les idées. Il n'est pas d'exemples qu'un grand sujet d'actualité soit traité avec des visions divergentes dans des médias différents, hormis, bien sûr la presse d'opinion. Le message est toujours unique, bien formaté, bien propre, bien politiquement correct.
Dans "Les yeux grands fermés", Michèle TRIBALAT relève ce qui est aujourd'hui une malheureuse évidence :"Il faut montrer que l'on pense du côté du bien". Car non seulement il nous faut penser bien, mais il nous faut aussi montrer qu'on pense bien.
C'est ainsi que la liberté d'expression est elle-même bridée par le manque de liberté et d'ouverture de la presse ;
C'est ainsi que ceux qui pensent différent sont voués à toutes les gémonies ;
C'est ainsi que le dernier recours est la liberté de penser.
Un chanteur à la mode en a fait récemment une chanson à succès et, de fait, la pensée, elle, peut encore garder sa liberté. Mais elle le peut seulement, car comment penser libre dans un discours ambiant unique et dominateur ? Les sondages d'opinion qui sont aujourd'hui devenus des directeurs de conscience sont le principal instrument de la standardisation de la pensée. Leurs résultats vont la plupart du temps dans le sens de l'opinion attendue, et pour cause : ou bien, en effet, les personnes interrogées pensent déjà ce qui est "du côté du bien" ou bien les personnes interrogées n'osent pas dire qu'elles pensent "de l'autre côté".

Bien sûr, il reste les proches, les collègues de travail, les réunions entre amis qui sont parfois, et heureusement, l'occasion d'exprimer cette parcelle de liberté, mais pour combien de temps encore, et est-ce suffisant ?

De deux choses l'une, ou bien la liberté – de pensée et d'expression - vaincra et elle explosera alors comme une cocotte minute trop longtemps contenue, ou elle sera vaincue et nous vivrons alors dans le "Meilleur des mondes" mais ce sera celui que nous a prédit Aldous Huxley en 1931.

Peut-on encore compter sur la presse pour servir la liberté ?

jeudi 8 avril 2010

Mélenchon / Le Parisien : 1 à 0


Etonnant non ? Le buzz que cette "sortie" de Jean-Luc Mélenchon contre un pauvre journaliste stagiaire du PARISIEN a pu générer dans les médias et sur le web ?



J'y vois quant à moi plusieurs explications :
- D'abord la rareté d'un clash aussi percutant entre un politique et un journaliste, eux qui sont la plupart du temps des alliés objectifs et consentants ;
- Ensuite, le... soulagement de certains journalistes de se dire que c'est arrivé à un autre et pas à eux.
- Enfin, la réelle satisfaction du public d'entendre dire clairement (pour le moins) ce que la plupart des français pensent des médias.

Et puis, le fait qu'il s'agisse d'un "étudiant"-journaliste nous rempli d'une hypocrite compassion.

Quant à moi, je vois autre chose dans l'attitude de Jean-Luc Mélenchon.
Ne vous semble t-il pas en effet qu'il déverse sur ce pauvre stagiaire tout une passé de ressentiments à l'encontre de la presse qu'il n'a jamais eu l'occasion - ou le courage - d'exprimer jusque là ?

Aurait-il eu la même attitude, j'allais dire le courage, devant un de ces journalistes "stars" des jouranaux nationaux ou des grandes chaines télé ?